« Room 514 »

par Roger Chemouni

« ROOM 514 »

de Sharon BAR-ZIV ISRAEL 2012

Sortie cinéma Octobre 2013 et DVD décembre 2013

room 514Anna  une enquêtrice de l’armée israélienne se voit charger d’élucider  un incident militaire : le comportement violent et gratuit d’un collègue envers un palestinien. Elle va interroger un témoin Nimrod et son  supérieur Davidi impliqué directement dans ses débordements. Cette prospection  va se révéler ardue, complexe et lourde de conséquences.

Le synopsis renseigne d’office sur les intentions de l’auteur féru de cinéma  vérité : dénoncer non seulement des agissements  illégaux, mais de souligner la difficulté de soldats mis au devant de la scène, menant des actions qui les dépassent ; d’ailleurs la victime n’est jamais présentée.

Toute nation en guerre, possède ses excès et ces êtres démesurés et antipathiques par endroi. Ce type de comportement n’est pas l’apanage d’un pays, mais plutôt de tensions répétitives sans que cela en soit, pour autant, une excuse, semble souligner le réalisateur. Un état n’est jamais petit quand il s’autocritique, dut il se mettre à dos, des concitoyens.

L’auteur montre une femme combattive, non sabra (juif né ailleurs l), face à des hommes qui le sont tous, et qui se revendiquent patriotiques et défenseurs de leur pays. Anna vient de Russie, elle fait partie de cette génération qui apporte un sang neuf, une rigueur dans la discipline : quand l’accusé qui a reconnu ses débordements lance «  On fait une fleur à l‘ennemi », Anna répond : « non, à la Justice »  Le message est lancé, dès lors.

Tout est dit dans la trame, qui se veut un huis clos étouffant :  les scènes d’interrogatoire se passent dans cette chambre 514 et dévoilent des souffrances, on pense en beaucoup moins fort au cinéma de Sydney Lumet ( 12 hommes en colère ) autre cinéaste épris de démocratie.

D’ailleurs Nimrod, amoureux du cinéma d’antan, notamment des films en noir et blanc, souligne  que le Mal et le Bien étaient différenciés, soulignés et reconnaissables, contrairement à nos jours.

Le fond est captivant mais le traitement (le film fut tourné en 4 jours) est moins emballant même si certains plans fixes et sciemment  pas assez cadrés instaurent un malaise perpétuel  qui accentue la dramaturgie de cette œuvre. Par contre, d’avoir fait de ladite chambre, un lieu de débats et d’ébats (Anna y reçoit son collègue et amant), laisse pantois et semble annihiler la trame, il est vrai tenue. Mais ce genre de film reste salutaire et cinéma israélien en sort grandi.

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