KADOSH (Israël 1999) rétrospective

Par Roger Chemounikadosh_article5A

Nous suivons le destin de deux sœurs, Rivka et Malka dans le quartier des ultras orthodoxes de Jérusalem. Rivka est mariée depuis 10 ans à Meïr, mais ils ne peuvent avoir d’enfant. le rabbin presse son fils Meïr de répudier Rivka et de prendre une autre épouse. Malka est obligée de se marier avec Yossef, l’assistant du rabbin , alors qu’elle aime Yaacov , un musicien bohème. Leurs vies seront bouleversées par les contraintes qui vont leur être imposées, ainsi que par le sectarisme qui dictent ces obligations. Amos Gitaï complète sa trilogie avec cette  production dont le scénario a été écrit par Eliette Abécassis. Il montre d’une façon convaincante l’approche archaïque de la religion juive par certains de leurs représentants, qui exclut dans leurs droits, la femme. Celle ci se voit dépossédée de sa personnalité et est rendue à un rôle d’esclave servile à souhait ; il lui est interdit de prendre des initiatives comme se rendre chez un gynécologue, d’initier les rapports amoureux, d’être plus présente et plus active à la synagogue. Par contre, elle doit travailler pour gagner l’argent du ménage afin que son époux puisse étudier en toute quiétude financière la Thorah à longueur de journée.

Ce film austère, grave et dramatique, force l’admiration  par sa dénonciation courageuse, par sa peinture poignante de femmes étouffant dans un monde intégriste,  par son regard attentif d’un milieu socio culturel et politique. L’auteur ne juge point, ni ne cautionne cet univers non représentatif du tout Israël, mais assez présent et pesant néanmoins. Il filme avec amour et compassion cette gente féminine déchirée entre la religion  et le destin tracé, entre le sacré (Kadosh) et la peur du sacrilège. Parfois en désaccord avec son pays qui refusera certaines de ses œuvres, d’où son exil en France à une certaine période de sa créativité, Amos Gitaï, documentariste de talent, nous offre avec cette œuvre mémorable, un de ses regards les plus forts, les plus justes, d’un monde frustre où les représentants s’octroient de nombreux privilèges, au nom de l’amour de Dieu, pour perpétuer une religion sacrée.

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