LE BILLET D’EVA : L’imaginaire au pouvoir : Gustave Doré (1832-1883)

Doré1

L’enfance de Pantagruel

Musée d’Orsay jusqu’au 11 Mai 2014
Par Eva Naccache
Après trente ans de sommeil, sous le titre “l’imaginaire au pouvoir » le musée d’Orsay réveille l’œuvre de G. Doré – en même temps que le Musée d’Art Moderne de Strasbourg.

J’avais envie d’écrire ŒUVRE en majuscules, car l’artiste a touché à de nombreux domaines, de l’illustration à la peinture et à la sculpture. Œuvre pantagruélique comme celle de Rabelais qu’il a si bien illustrée
Original, inattendu, il est aussi surprenant dans sa vie que dans sa conception du dessin.
A quinze ans, en visite à Paris, il échappe à ses parents pour aller montrer ses croquis à Charles Philippon, directeur du Charivari (l’équivalent de notre Canard enchaîné). Il est engagé !!!!! Ses parents acceptent à condition qu’il continue ses études au Lycée Charlemagne. Sage décision : à dix-sept ans, il devient orphelin ; son crayon fera vivre sa famille.
Touche à tout : dessin, gravure, lavis, aquarelle ; il est violoniste, beau parleur « aux mots aussi incisifs que ses traits ». Il fréquente la meilleure société : Rossini, Wagner, Offenbach, Sarah Bernhardt ; provocateur, il peut arriver aux réceptions en marchant sur les mains, ce qui choque les frères Goncourt.
L’imaginaire collectif a été marqué par ses illustrations de la Bible, des écrits de Perrault, La Fontaine, Dante, Cervantès, Shakespeare…et des romans de l’époque qui en font « un pionnier conceptuel de la bande dessinée ».
Doré portraitEuropéen avant la lettre, il a aimé l’Espagne et l’Angleterre qui a créé pour lui, de son vivant la « Doré galery ». En France on considère ses dessins comme un art mineur ; autodidacte, il rêve du statut de peintre ou sculpteur. Côté sculpture, une seule réussite, à mes yeux, un jeu de saute-mouton en bronze doré, le gigantisme et les multiples détails des autres sujets me font penser aux pires monuments aux morts…
Pour ce qui est de la peinture, l’exposition nous accueille avec une petite huile : sujet surprenant, un jeu, souvenir de son Est natal : on attache une grenouille vivante à un cerf-volant, ici les pattes de l’animal font penser à des membres humains. Quel accueil !!! Puis un immense tableau : un enfant saltimbanque blessé, mourant sur les genoux de sa mère ; elle est drapée dans un manteau bleu, piéta reprise sans le manteau dans le tableau suivant……..Une toile de 7 m sur 4 « le Christ quittant le prétoire », aux perspectives plongeantes, appelle le travelling de la caméra. En voyant son Moïse tenant les tables de la Loi, on comprend pourquoi les réalisateurs se réclament de lui : Cecil B de Mille, Polanski, Peter Jackson……Walt Disney en a fait son maître à penser.
Le critique Fournels a parlé « d’un poète épique égaré parmi les chroniqueurs et les chansonniers »
Eva NaccacheSon arrière-arrière -petit neveu, le chanteur Julien Doré déclare « ce qui me rapproche de lui, c’est l’anecdote et l’humain : il avait un caractère étrange et décalé, ça fait écho en moi »
Cet artiste atypique a inspiré une exposition et un texte un peu décousus, à l’image de sa vie. EN.

Un avant goût de visite
Informations pratiques

 

 

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