Le Billet d’Eva : De Watteau à Fragonard

de watteau a fragonard les fetes galantesPar Eva Naccache

Watteau est né à Valenciennes en 1684, il meurt de « phtisie » en 1721.

Après une courte période d’apprentissage, « il monte » à Paris. Il commence par peindre des saints devant la porte des églises ; son maître lui donne « trois livres par semaine et une soupe par jour. » Puis, il se formera chez Gillot, peintre de décors de théâtre ; il en sera marqué.

C’est l’époque d’un Versailles terne où on s’ennuie. Madame de « Maintenant » impose à son royal époux abstinence et pénitences. Le Roi a perdu fils et petit-fils ; son arrière petit fils, le futur Louis XV a cinq ans au moment du décès du Roi plus très soleil ; finances et pays sont ruinés par la guerre et les dépenses somptuaires.

Les œuvres de Watteau sont rafraîchissantes, elles plaisent ; cela continue avec la Régence. Progressivement, l’influence des artistes flamands sera remplacée par la tradition pastorale à la française. La légèreté pleine de grâce des scènes champêtres, la végétation luxuriante peuplée de « jeunes parisiens à la mode » éclairent agréablement les lieux de vie des bourgeois. Les rendus des soies et des brocarts éblouissent par leur perfection, les attitudes élégantes bien qu’un peu théâtrales, ont un aspect léger, fluide, délicat ; de discrets sous-entendus évitent le libertinage propre à Boucher.

Fragonard : La Surprise

Watteau fabrique ses couleurs en leur donnant éclat, originalité et raffinement. La grande Catherine de Russie et le Roi de Prusse seront des admirateurs et des acheteurs compulsifs.

Pendant cinq ans il se présentera à l’Académie, il n’entre dans aucun des genres admis ; on finira par l’accepter en créant pour lui la section « fêtes galantes »

Pourtant quand on observe de plus près certaines œuvres -et même « L’embarquement pour Cythère »– on peut découvrir un air de mélancolie aux personnages de cet homme malade qui ira jusqu’en Angleterre pour se soigner. Sa dernière œuvre, une enseigne peinte pour son ami Gersaint -qui l’a soutenu dans des moments difficiles, a disparu. Cadeau d’un peintre devenu célèbre qui a su être reconnaissant.

Pater et Lancret vont l’imiter, les toiles présentées, dans le style des fêtes galantes n’ont pas capturé l’esprit, la composition travaillée du maître. On n’y voit pas les repentirs, les reprises, le travail de reconstruction à la Watteau.

Boucher et Fragonard vont reprendre ce « mignardises » avec la touche de leur époque : raffinement et exotisme (la Chine est à la mode), les grandes toiles feront plaisir au commanditaire. Boucher a décoré la chambre de la Reine à Versailles et l’hôtel de Soubise.

Un très beau Van Loo nous présente une scène plus « intellectuelle » avec sa lecture espagnole, tout en conservant l’esprit de ces derniers moments de Eva Naccacheplaisir galant qui précédent la Révolution

Le musée qui abrite les collections choisies par les époux Nélie Jacquemart et Edouard André mérite une visite pour leur diversité et leur qualité. EN♦

Musée Jacquemart-André jusqu’au 21 Juillet 2014
Image haut de page : Lancret, Les plaisirs du bain

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