Une shoah, deux destins

 par Eitan Simanor*

shoah-deux destins originalLe parcours des familles Simons et Simmenauer pendant la Shoah

J’ai rassemblé ces parcours sous la forme d’une présentation internet qui évoque les destins respectifs des deux familles. Ce genre de medium a l’avantage de permettre d’efficacement et succinctement raconter une histoire, tout en présentant les documents et visuels pertinents qui s‎’y rapportent.

Nous avons toujours su, mes frères et sœurs et moi, que les familles respectives de nos parents avaient eu un parcours dramatique pendant la période qui a précédé la Shoah et pendant la Shoah elle-même. Mon grand-père maternel a dû fuir la Roumanie pour échapper à l’antisémitisme institutionnel. La famille de mon père a dû fuir l’Allemagne nazie en 1938. Ils ont tous trouvé refuge en France mais avec l’avènement du régime de Vichy ils se sont trouvés à nouveau pris au piège. La famille de mon père, réfugiée en zone libre, avait tous les « critères nécessaires » pour être raflée lors de la tristement célèbre opération policière d’août 1942 organisée et orchestrée par la police française et qui visait les familles juives étrangères. De très nombreuses familles juives réfugiées en zone libre ont été victimes de ces rafles. L’immense majorité ont disparu à Auschwitz. Or la famille de mon père a pu échapper à la rafle et se cacher jusqu’à la libération.

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Effets & documents de la famille Kurzweil

Le 26-01-2014, le magazine Nouvel Observateur publiait un article de la journaliste Caroline Brizard à l’occasion de la journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste, dans lequel la journaliste relate le parcours tragique des familles Kurzweil et Roth. Ces deux familles juives autrichienne et allemande étaient réfugiées en zone libre. Elles ont été raflées, déportées et exterminées à Auschwitz. L’article mentionne qu’ils ont été « arrêté à la fin de l’été 1942 par les gendarmes du régime de Vichy ». Il s’attarde sur les efforts infructueux de Bruno Kurzweil pour obtenir un visa d’entrée aux USA puis au Mexique. Mais nulle part cet article ne fait clairement mention du fait que c’est la police française, sans l’aide du moindre soldat/officiel allemand, qui a organisé et exécuté ces rafles. Or il s’agit, je le rappelle, d’un article publié à l’occasion de la journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste ! J’ai pris contact avec Caroline Brizard pour lui faire remarquer ce manquement. Elle m’a répondu qu’elle avait mentionné les faits nécessaires…

Ce parcours tragique des familles Kurzweil et Roth ressemble beaucoup à celui de la famille de mon père (à ceci près que la famille de mon père, elle, a survécu à la Shoah). Cet article m’a poussé à me repencher sur le récit que mon père a laissé, qui relate en détail les tribulations de sa famille depuis 1933 et jusqu’à la libération. Je me suis en particulier attardé sur l’évènement dramatique de la rafle « évitée ». J’ai voulu essayer de retrouver les documents et les traces historiques qui pourraient, d’une façon ou d’une autre, soutenir ou illustrer le récit. Mon frère s’est joint à mes recherches.

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Carte d’identité de Helene Simons

Malheureusement ces recherches n’ont fait qu’épaissir le brouillard. Nous sommes bien incapables aujourd’hui de clarifier l’épisode. Cependant nous avons eu accès à des documents qui se rapportent directement à cette période. En particulier un fichier de la police du Lot dans lequel apparaissent les noms de tous les membres de la famille de mon père (Simmenauer). Dans ce fichier figurent également les noms de tous les membres de la famille Simons, une autre famille juive allemande réfugiée dans la région. Or Gert (Gérard) Simons était en classe avec mon père (Walter Simmenauer) au lycée de Cahors pendant cette période. Mon père le mentionne dans son récit. La famille Simons a été raflée par la police française. Elle a été exterminée à Auschwitz.

Nous avons pu retrouver le dossier d’Erich Simons, le père de famille, dans les archives de la préfecture du Lot. S’y trouvent des documents qui permettent de retracer le drame quotidien de la famille Simons sous la grippe et l’acharnement du régime de Vichy jusqu’à leur déportation et leur extermination en camp de concentration.

Une présentation internet a l’avantage de permettre de raconter une histoire efficacement et succinctement , tout en présentant les documents et visuels pertinents qui s‎’y rapportent.Eitan Simanor

Présentation Vidéo
* © Eitan Simanor Photographe

 

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