Le billet d’Eva Naccache : « Rachel »

Rachel Félix par William Etty

Rachel Félix par William Etty

Par Eva Naccache

Elisabeth, Rachel Félix naît en Suisse en 1821. Son père, un colporteur juif, se déplace beaucoup. Elle suit ses parents de ville en ville, chantant, récitant, mendiant pour les aider à vivre.

Quand elle arrive à Paris, elle a un accent épouvantable : difficile de devenir actrice ; mais au Conservatoire, le grand acteur Samson va la former et elle travaille aussi le chant avec A. E. Choron.

En janvier 1837, elle est engagée au théâtre du Gymnase. Elle n’a plus d’accent. Elle sait jouer. Elle choisit le nom « Rachel, » à la scène comme dans sa vie privée.

En 1838, elle entre au Théâtre Français. Analphabète à ses débuts, elle remet à la mode les tragédies de Racine et de Corneille par opposition aux drames romantiques joués à l’époque. Nonobstant un physique osseux et peu gracieux, son jeu intense et dépouillé attire les foules ; sa célébrité est immédiate.

Theatre-du-Gymnase

Theatre-du-Gymnase

Elle reçoit le soutien de la communauté juive de Paris, très active sous Louis-Philippe.

Adulée, Mademoiselle Rachel sera une des femmes les plus célèbres de son époque. Sarah Bernhardt la prendra comme modèle.

Elle se cultive et s’intéresse à l’art contemporain, aux artistes et à la littérature étrangère, particulièrement à Ibsen et Tolstoï, dont elle fait des lectures.

Célèbre et admirée, elle est recherchée et invitée dans les salons mondains. Courtisée par les personnages en vue, elle aura deux fils : l’un en 1848 avec Arthur Bertrand, fils du maréchal Bertrand, l’autre, Alexandre, en 1844 avec le Comte Walewski (né de Marie Walewska et de Napoléon 1er).

Très attachée au judaïsme, elle jouait Esther le jour de Pourim et elle soulignait combien Racine et Pascal étaient imprégnés de la pensée juive dans leurs références à l’ancien testament. Mais certains rêvaient de la convertir ; Chateaubriand organise un guet-apens. Elle est invitée à venir lire Pauline de Polyeucte ; elle a l’habitude de tomber à genoux à la fin du texte. L’Archevêque de Paris est invité, il la baptisera à ce moment mais… il y a des encombrements dans la ville, l’ecclésiastique arrive trop tard, la prestation est terminée. On la prie de rejouer devant le prélat. Elle choisit de réciter la prière d’Esther tirée de l’œuvre de Racine.

Eva NaccacheDécédée en 1858 des suites d’une tuberculose, elle repose dans le carré juif du cimetière du Père-Lachaise. EN♦

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