Les scientifiques juifs du XIXe siècle

cerveauPar Martine Ménart

 L’un des traits les plus marquants et remarquables des Juifs est leur soif de connaissances, et en particulier dans le domaine scientifique. À preuve, le nombre et le pourcentage des scientifiques juifs dans les prix Nobel dans le domaine de la physique au cours du xxe siècle. On a pu publier un ouvrage de 300 pages sur les Juifs à qui été décerné le Nobel au xxe siècle.

Pour les Juifs, la science constitue un élément privilégié de leur intégration. En effet, aucun autre peuple n’a autant été mêlé à l’Histoire que le peuple juif, qui empêche le monde de dormir. « La vérité est que le Juif est incapable de dépasser un degré très peu élevé. Les Sémites n’ont eu aucun homme de génie de la taille de Dante, de Shakespeare, Bossuet, Victor Hugo, Michel-Ange, Newton, et on ne comprendrait pas qu’ils en eussent. » Cette phrase provocatrice est due à Édouard Drumont, auteur de La France juive et du Journal d’un antisémite.

Ce n’est pas seulement au xxe siècle que le peuple juif a donné au monde des savants aussi illustres qu’Einstein en physique ou Freud en psychanalyse. Au cours des siècles, d’Israël à Babylone, en Afrique du Nord, en Espagne, en Italie, en France, en Amérique, les Juifs ont ouvert la voie et fait avancer la science. Ordonner et transmettre le savoir a toujours été l’objectif le plus précieux du judaïsme depuis ses origines. Le savoir est un élément précieux pour les Juifs. C’est historiquement la seule chose dont ils n’ont pas été démunis, même lorsqu’ils ont tout perdu.

Nous évoquons dans ce premier article les principaux scientifiques juifs du 19 ème siècle.

Leopold Kronecker (1823-1891).

Ce mathématicien allemand, fils d’un marchand juif, est resté célèbre pour cette phrase : « Dieu a fait les nombres entiers, tout le reste est l’œuvre de l’homme. »

Sa carrière est atypique : après avoir obtenu son diplôme, il gère la propriété et le commerce de son oncle pendant huit ans. Fortune faite, il revient alors à la recherche. Il s’oppose à son ancien élève, Georg Cantor, dont nous allons parler, au point de provoquer une dépression. Point de vue contesté : « Personne ne nous chassera du paradis que Cantor a créé. »

Georg CantorGeorg Cantor (1845-1918).

Né à Saint-Pétersbourg d’un père juif converti au protestantisme et d’une mère russe. Sa famille revient en Allemagne, et il poursuit ses études à l’école polytechnique de Zurich.

L’un des fondateurs de la théorie des ensembles, qu’on a voulu enseigner dès l’école primaire il y a une cinquantaine d’années. Cette théorie rassemble de manière très abstraite et synthétique toutes les branches des mathématiques. Les ensembles sont représentés par des ovales, appelés familièrement des patates. On a essayé de grouper des règles de calcul (addition, soustraction, etc.) à l’aide de petits dessins. Au niveau du primaire, c’était une caricature. Dans l’enseignement supérieur, la théorie d’ensembles a permis de gagner des années d’études. Dans la recherche, elle a permis un formidable progrès.

Cantor a fait allusion à son origine juive en utilisant aleph, première lettre de l’alphabet hébraïque, comme symbole mathématique.

Cantor, rendu malade par l’abstraction de sa théorie, est mort en 1918 dans un hôpital psychiatrique.

Jacques Salomon HadamardJacques Salomon Hadamard (1865-1963).

Mathématicien français. Reçu premier à l’Ecole normale supérieure. A travaillé sur la théorie des nombres  cardinaux et ordinaux. Les nombres cardinaux sont les nombres entiers : 1, 2, 3, etc. Les nombres ordinaux servent à ranger les dates, par exemple. Il a laissé son nom dans la théorie des nombres premiers (2, 3, 5, 7, 11, 13, etc.).

Suite à l’affaire Dreyfus (la femme de Dreyfus était la fille de David Hadamard, un cousin du père de Jacques), il s’engagea politiquement à partir de 1897. En 1912, il s’est vu attribuer la chaire d’analyse à l’Ecole polytechnique.

Célèbre pour sa distraction, il aurait servi de modèle au savant Cosinus, héros de la bande dessinée de Christophe (le normalien Georges Colomb, dit Christophe).

fritzhaberFritz Haber (1868-1934)

C’est un chimiste allemand qui a reçu le prix Nobel en 1918 pour ses travaux sur la synthèse de l’ammoniac. Le reste de ses recherches est plutôt contestable : en effet, il est considéré comme le père de l’ypérite, gaz toxique largement utilisé pendant la Grande Guerre. Sa première épouse s’est suicidée après la première attaque aux gaz. Les prix Nobel des années 1914 à 1919 ont été décernés en 1920. Les Français, les Britanniques et les Américains ont boycotté la cerémonie en raison des activités de Fritz Haber.

En outre, celui-ci a participé à la mise au point du Zyklon B, au départ un insecticide, et détourné par les nazis dans les chambres à gaz à Auschwitz.

lise_meitnerLise Meitner (1878 -1968)

C’est une physicienne autrichienne, qui a dû quitter l’Allemagne nazie en 1938 et qui a été naturalisée suédoise. Elle est célèbre pour ses travaux sur la radioactivité et la physique nucléaire ; elle a joué un rôle majeur dans la fission nucléaire, à l’origine des bombes atomiques, en refusant de participer à leur mise au point. Elle a reproché à ses collègues d’avoir cautionné le régime nazi. Elle a fait graver sur sa tombe : « Lise Meitner, une physicienne qui n’a jamais perdu son humanité. »

Ses travaux ont été ignorés du comité Nobel, car c’était une femme.

Martine MénartDans les semaines suivantes je publierai  un article consacré à Einstein puis des articles sur les scientifiques  du 20 ème siècle .M.M

« Je m’appelle Martine Ménart, née Lévy-Haas. Mes grands-parents paternels ont fui l’Alsace après la guerre de 1870, et c’est pour cette raison que je suis née à Elbeuf, cité du textile. Ma famille maternelle, Crémieu et Weill, était composée de médecins lyonnais. J’ai passé ma petite enfance à Elbeuf jusqu’en1942. Nous avons alors fui les nazis pour nous réfugier à Lyon, encore en zone libre. Mes grands-parents maternels ainsi que d’autres personnes de ma famille sont morts à Auschwitz en 1944, tandis que mon grand-père Lévy-Haas est mort  d’une crise cardiaque à l’hôpital Rothschild, alors qu’il devait être déporté. Le jour de leur arrestation à Lyon, nous avons dû de nouveau fuir la Gestapo, et nous nous sommes cachés au Chambon-sur-Lignon jusqu’à la fin de la guerre. Rentrée à Elbeuf, j’ai repris mes études. Après mon bac, j’ai fait du droit et du secrétariat (sténotypie). Je me suis mariée, j’ai arrêté de travailler pour élever mes deux garçons. Après leurs départs de la maison, j’ai entrepris des études de graphologie, obtenu le diplôme et enseigné pendant plus de dix ans. Après le décès brutal de mon mari, j’ai été chaleureusement accueillie par la Coopération féminine, qui m’a aidée à surmonter ma peine. J’ai présenté une demi-douzaine d’exposés sur des thèmes juifs (ministres, médecins, acteurs, etc.), dont ce dernier portant sur Freud. »

 

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Une réflexion sur “Les scientifiques juifs du XIXe siècle

  1. Lise Meitner a refusé de participer à la réalisation de la bombe A.. Elle en est à l’origine. Les expèriences de fusion de Heisenberg butaient sur la perte de masse de la matière à la fin de la réaction. Au cours d’une visite de Niels Bör pendant laquelle ils en discutent, elle fait le lien avec E=Mc². Et dans la foulée ils calculent la puissance dégagée par la fission d’une masse critique d’uranium. Dans la génèse de la bombe A, on a plus vite fait de citer les goys. le reste est juif..

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