Le billet d’Eva : « Léon Blum et sa maison »

Léon BlumPar Eva Naccache

En 1812, dans le cadastre napoléonien de Jouy en Josas est inscrite une fermette du XVIIIe siècle, achetée en 1913 par la princesse Eugénie Murat, et transformée en résidence de villégiature. En 1937 arrivent de nouveaux propriétaires Henri et Jeanne Reichenbach. Construite sur le plateau des Metz, on l’appelle « le clos des Metz ».

Après le décès de la seconde Madame Blum, Jeanne Reichenbach se rapproche de son cousin Léon Blum, qu’elle épousera en 1943 dans des conditions surprenantes.

Léon Blum est né à Paris en 1872 ; son père d’origine alsacienne tient un commerce de rubans. On raconte que sa mère, ayant un sens aigu de l’égalité, partageait deux pommes et offrait deux moitiés à chacun de ses enfants Léon et René.

Ce jeune homme brillant est admis à l’Ecole Normale Supérieure en lettres. Il écrit ses premiers poèmes à dix-sept ans. Ensuite, il hésite entre Lettres et Droit. Il va étudier et réussir dans les deux matières.

A vingt-trois ans il est reçu au concours d’auditeur au Conseil d’état. Il est aussi critique littéraire, et produit quelques œuvres.

Il est un personnage de premier plan, grande figure du socialisme.

Chef de la SFIO, il devient Président du Conseil des ministres de 1936 à 1937 puis en 1938.

Il institue les congés payés, réclame la présence des femmes au gouvernement et fait réduire le temps de travail.

Le 10 juillet 1940, il refuse de voter les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain. « On » ne le lui pardonne pas. Il est emprisonné. Jeanne le suit dans tous les lieux où il est retenu. Après le procès de Riom, il est enfermé au Fort du Pourtalet. Laval le livre aux Allemands.

Lorsqu’il est déporté à Buchenwald, Jeanne demande audience à Pierre Laval, chef du gouvernement et obtient l’autorisation de le rejoindre. Ils se marient à huit cents mètres du camp, dans le « pavillon des fauconniers » avec des détenus pour témoins : l’ancien ministre Georges Mandel et un témoin de Jéhovah, chargé de la sécurité.

Du 16 décenbre1946 au 22 janvier 1947 il dirige le gouvernement provisoire de la République Française, Vincent Auriol exerçant la fonction de chef de l’État.

Plaque Léon BlumEnsuite le couple s’installe définitivement à Jouy en Josas. En 1950, à l’âge de soixante-dix-huit ans, Léon Blum s’éteint dans cette maison qu’il aimait.

Dans la maison « le clos des Metz », restent son bureau et la bibliothèque. En très mauvais état, elle a été mise hors d’eau en 2013, mais il faudra une restauration importante pour conserver la mémoire de ce grand homme.

Agnostique, il a toujours reconnu sa judéité. L’affaire Dreyfus détermine son entrée en politique à la fin du XIXème siècle

Tout au long de sa carrière, il sera victime d’un antisémitisme virulent. Dans son journal l’Action française, Léon Daudet le qualifie d’ « hybride ethnique et hermaphrodite » On l’accuse de ne s’entourer que de juifs (un seul est présent dans son entourage gouvernemental).

Léon Blum est l’un des trois délégués français au 16e congrès sioniste de Zurich qui se tient du 28 juillet au 14 Août 1929. Il y rencontre Einstein. Dans son discours prononcé en français il se déclare détaché des pratiques religieuses mais revendique avec fierté sa judaïté.

Constant avocat de la cause sioniste, on lui a beaucoup reproché cette déclaration à propos de l’état d’Israël :

« Juif français, né en France d’une longue suite d’aïeux français, ne parlant que la langue de mon pays, nourri principalement de sa culture, m’étant refusé à la quitter à l’heure même où j’y courais le plus grand des dangers, je participe cependant à l’effort admirable miraculeusement transporté du plan du rêve au plan de la réalité historique, qui assure désormais une patrie digne, également libre à tous les juifs qui n’ont pas eu comme moi la bonne fortune de la trouver dans leur pays natal…. Je m’en suis toujours senti fier et j’en suis plus que jamais solidaire ».

Eva NaccacheEn son honneur un kibboutz de Galilée fondé en 1943 est nommé : « Kfar Blum. ». EN♦

Souscription pour la réhabilitation de la Maison Léon Blum

Site officiel de la maison de Léon Blum

Publicités

Une réflexion sur “Le billet d’Eva : « Léon Blum et sa maison »

Laisser un commentaire. Il sera visible dès sa validation.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s