La médecine hébraïque ou médecine en accord avec la Torah

logo_caduceePar Martine Ménart

Dans l’esprit de la Torah (rappelons que ce mot désigne les cinq livres sacrés de l’Ancien Testament), la maladie est considérée comme une preuve de la colère de Dieu, une correction opérée par l’Éternel, dans un but strictement bienfaiteur.

Les voies du Seigneurs sont impénétrables” et Il est le seul juge de la gravité des choses, à l’échelle d’une vie. C’est pourquoi on voit des hommes mauvais en pleine santé, et des hommes admirables, parfois jeunes, foudroyés par la maladie.

Dans l’histoire juive le médecin apparaît comme un associé privilégié du Créateur, le prolongement précieux de Sa main.

Paradoxalement, à l’époque biblique, le médecin est absent. C’est le rabbin qui occupe la place du médecin, en remplissant le rôle d’intermédiaire et de conseiller, capable de discerner certaines maladies.

Le vrai médecin, indépendant du prêtre, n’apparaîtra qu’avec le Talmu
d (clôturé vers 500 apr. J.-C. : commentaires sur la Torah).

Chose importante : à l’inverse d’autres civilisations, celle du Talmud ne tenait pas le médecin pour responsable de ses éventuelles erreurs de diagnostic, mais seulement de coups et blessures volontairement infligés, si tel était le cas.

Le médecin
d’époque talmudique ne connaissait qu’assez médiocrement l’anatomie, faute de pouvoir pratiquer des dissections, par respect du corps, considéré comme le réceptacle de l’âme. Ses connaissances venaient d’observations occasionnelles de cadavres ou de rapprochements avec les animaux, spécialement ceux de la boucherie, examinés à l’occasion de l’abattage rituel.

Cependant, les juifs ont été les premiers à pratiquer l’homéopathie et à normaliser leurs connaissances des plantes. L’Ancien Testament nous en fournit de nombreux exemples.

Les traités talmudiques regorgent de prescriptions médicales, souvent plaisantes, mais qui donnent parfois l’impression d’une expérience sérieuse.tanach1

Les médecins juifs sont à l’origine de pratiques qui vont constituer pendant des siècles le seul arsenal thérapeutique connu. Les premiers, ils fabriquèrent des collyres pour protéger les yeux du soleil. Bien avant les Romains, mille ans avant J.-C., ils appréciaient les vertus des eaux thermales et allaient sur les bords du lac de Tibériade. Même la chirurgie était entrée dans les mœurs, et le Talmud nous révèle que ce sont encore des juifs qui, les premiers, pratiquèrent l’anesthésie en administrant une potion soporifique à leurs patients avant de procéder à une opération abdominale.

Certains rabbis disaient : Il est interdit à quiconque de vivre dans une ville où il n’y a pas de médecins. Il y avait même des postes de médecins officiels attachés au temple, que le peuple appelait familièrement médecins des boyaux, chargés de soigner les prêtres, souvent victimes de dysentries, à force de multiplier les ablutions froides et de marcher pieds nus sur les saintes dalles.

L’Église multiplie ses efforts pour convaincre les chrétiens de ne pas consulter les médecins juifs, mais évêques et rois oublient les foudres sacrées dès qu’il s’agit de leur santé.

La circoncision

Comment traiter de la médecine et du patrimoine culturel juif sans parler de la circoncision ?

La circoncision est l’acte rituel juif chez le nouveau-né âgé de 8 jours.

La circoncision n’est pas une règle d’hygiène, alors que c’est souvent le cas aujourd’hui, ou encore en raison d’une anomalie. Elle incarne le symbole du pacte établi entre Abraham et Dieu. Chez les juifs, la circoncision n’est pratiquée que par des rabbins, appelés mohels.

La médecine au Moyen Âge

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Maimonide

Deux noms émergent ici : d’abord celui de Isaac Israeli (850-950), héritier de la médecine hellénistique et premier des véritables ophtalmologues, un homme de triple civilisation : juive, arabe et grecque, dont l’œuvre a servi de référence à toute la médecine occidentale jusqu’au XVIIe siècle.

Mais il y avait deux noms. L’autre, c’est évidemment celui de Maïmonide. Né à Cordoue

en 1135, c’est au Caire qu’à partir de 1165 Moshe ben Maïmon développe son œuvre philosophique et médicale. Médecin du sultan Saladin et de son fils, chef de la communauté juive d’Egypte, il mourra en 1204 et sera enterré à Tibériade. Son nom a été choisi pour une école de Boulogne-Billancourt.

Maïmonide est célèbre comme philosophe, théologien, talmudiste et astronome, mais ce qui nous intéresse, c’est qu’il était médecin.

Ce qui caractérise Maïmonide en médecine, c’est sa lutte contre l’astrologie et la superstition. Se soigner ne sert pas uniquement pour se préserver de la maladie ; c’est parce que la bonne santé, suivant Maïmonide, permet d’accéder à l’étude, donc à la connaissance, donc à Dieu. Dans une œuvre considérable, il a développé des conceptions rationnelles et relativement modernes. Il préconisait la prévention plus que la guérison. Il recommande le sport, les bains hebdomadaires et affirme le pouvoir désinfectant du Soleil. D’où la nécessité d’aérer les maisons et de les orienter vers la lumière.

Le Ghetto

italie-venise-300C’est à Venise que revient le triste privilège d’avoir inventé le ghetto. L’attitude de la Sérénissime a toujours été ambiguë à l’égard des Juifs.

Dans la seconde moitié du XVe siècle, on leur accorda le pouvoir de résider à Venise, à condition qu’ils portent un signe distinctif : un O de toile jaune cousu sur les vêtements ou un chapeau rouge.

Au début du XVIe siècle, l’antisémitisme battait son plein : les Juifs arrivaient en masse à Venise. Venise choisit un compromis : autoriser les Juifs à s’installer de manière définitive, en particulier comme médecins, dans une aire assignée et fermée, le ghetto.

Le mot « ghetto » pourrait venir du vieux mot rabbinique « ghet » (séparation) ou du mot syrien « nghetto » (congrégation) ou tout simplement du mot vénitien désignant une fonderie, rappelant que l’endroit était celui d’une fonderie désaffectée.

Les portes du ghetto étaient fermées la nuit, mais les médecins juifs étaient très appréciés par les Vénitiens, si bien qu’on les autorisa à sortir la nuit pour soigner les malades (non juifs). En outre, on autorisa les étudiants juifs à fréquenter l’université de Padoue, moyennant des droits d’inscription très élevés.

Au XVIIIe siècle, les Vénitiens se montrèrent de plus en plus tolérants : le signe distinctif fut abandonné, on venait consulter les médecins du Ghetto, et la culture juive était tenue en grande considération.

Du début du XIXe siècle au début du XXe siècle, on compte un nombre remarquable de découvertes fondamentales en médecine attribuables à des juifs. Mais on serait incomplet si l’on n’évoquait pas des raisons socio-historiques. En effet, la science médicale devait son attrait, dans le monde juif, à sa nature particulière. Pour un groupe humain sans cesse pourchassé et dépouillé, la science médicale représentait une forme de richesse impossible à enlever. Car, à l’inverse des sciences juridiques, par exemple, la médecine est praticable partout, de Moscou à New York.

Parmi les prix Nobel de médecine, 28 % sont juifs.

Le premier de ceux-ci, chronologiquement, était Paul Ehrlich (1854-1915).

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Paul Ehrlich

Né en Silésie (actuellement en Pologne), Connu pour ses travaux en hématologie et en immunologie, il est considéré comme le père de la chimiothérapie.

En 1882 il découvre une méthode de coloration du bacille de Koch, responsable de la tuberculose, grâce à la fuchsine. Cette méthode de diagnostic de la tuberculose est devenue classique.

En 1887, il est nommé professeur à la faculté de médecine de Berlin. Il s’intéresse aux problèmes de l’immunité et des anticorps. Il met au point une méthode pour les sérums antidiphtériques.

En 1908, ses travaux lui valent le prix Nobel de médecine.

En 1909, il met au point un traitement de la syphilis à base d’un composé d’arsenic, nommé Salvarsan – ou 606, car il a été précédé de 605 essais – qui a été remplacé en 1945 par la pénicilline. Le Salvarsan est l’un des traitements utilisés encore aujourd’hui

Fernand Widal (1862-1929)

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Fernand Widal

Médecin et bactériologiste français, il est l’élève de Dieulafoy à Paris avant de devenir chef de service à l’hôpital Cochin.
Emule de Pasteur, il consacre ses travaux à trois grands types de pathologies : les fièvres infectieuses (typhoïde en particulier), la néphrologie et l’allergologie.
En 1888, il expérimente le premier vaccin contre la typhoïde sur des animaux de laboratoire. Il réitèrera l’expérience lors de la Première Guerre mondiale sur des soldats.
Il réalise d’autres travaux sur les phlébites et l’état de choc puis devient spécialiste des affections rénales.

Puis il s’intéresse aux maladies allergiques. Il réalise en 1914, sa fameuse expérience sur un berger asthmatique : il provoque une crise d’asthme chez ce berger soumis à son insu à la laine de mouton, évoquant pour la première fois la nature allergique de la maladie, mais avec le souci permanent de conjuguer l’examen clinique et les techniques de laboratoire, puisque l’organisme est un « tout ».

Sigmund Freud (1856-1939)

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Sigmund Freud

Comme vous le savez sans doute il est le fondateur de la psychanalyse.

Né en Moravie aujourd’hui république tchèque, sa famille lorsqu’il avait trois ans a fui les émeutes antisémites et s’installa à Vienne où il demeura jusqu’à l’Anchluss (annexion de l’Autriche par les nazis) en1938.

En 1885 il partit pour Paris pour suivre l’enseignement de Charcot (le père de l’explorateur) à la Salpetrière où il apprit les méthodes thérapeutiques de l’hystérie.

En 1886 il revint à Vienne ouvrit un cabinet médical ou il soigna les maladies nerveuses. On peut situer alors les débuts de la psychanalyse. C’est à cette époque qu’apparaît une théorie générale de la personnalité que Freud appelle l’appareil psychique dont les instances sont le conscient l’inconscient et le préconscient .

Entre 1910 et 1920 il fit paraître de nombreux ouvrages : Introduction à la psychanalyse, Totem et tabou, entre autres.

En 1920 un changement est apparu dans la doctrine freudienne et il introduisit la notion du ça, du moi et du surmoi.

Atteint des 1930 d’un cancer de la mâchoire il réussit à continuer d’élargir la psychanalyse. Avec la montée du nazisme ses œuvres furent brûlées à Berlin ; il s’enfuit à Londres où il mourut le 23 septembre 1939.

La contribution de Freud fut la création d’une nouvelle approche de la personne humaine. De plus il a fondé une nouvelle discipline médicale et élabore des méthodes thérapeutiques fondamentales

Alfred Adler (1870- 1937)

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Alfred Adler

Né dans la banlieue de Vienne il obtient son diplôme de médecine en 1895. Il commence sa carrière médicale comme ophtalmologue puis devient généraliste et en 1907 se dirige vers la psychiatrie. Ses théories divergent de celles de Freud. En 1911, il démissionne de la Société psychanalytique de Vienne, avec neuf collègues. Tous les humains souffrent plus ou moins d’un complexe d’infériorité qui les empêche d’accomplir leurs projets. Il a occupé de nombreux postes de professeur dans diverses universités. En 1937, il succombe à un infarctus lors d’une conférence en Ecosse.

Robert Debré (1882-1978)

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Robert Debré

Né à Sedan et mort au Kremlin-Bicêtre, Robert Debré est un médecin français, considéré comme le fondateur de la pédiatrie moderne

Son père, Simon Debré (1854-1939), talmudiste renommé, grand rabbin à Neuilly, est l’auteur d’un livre sur l’humour judéo-alsacien.

Robert Debré est associé au renouveau et à l’essor de l’Institut national d’hygiène, futur INSERN, dont il sera le président de 1946 à 1964, et à la création des CHU.

Membre de l’Académie des sciences et de l’Académie nationale de médecine.

Marié en 1908, il eut deux enfants, Michel (1912-1986), l’homme politique, et Olivier (1920-1999), artiste peintre.

Professeur de bactériologie puis de clinique médicale des enfants, il publia de nombreux travaux sur les maladies infantiles, l’immunologie et l’hygiène. Il fit sa dernière allocution publique à la faculté de Strasbourg, âgé de 94 ans.

L’hôpital Robert-Debré, inauguré le 21 mars 1988, a pour originalité d’offrir pour la première fois en France un ensemble de disciplines autour de la prise en charge de la mère et de l’enfant.

Henri Baruk (1897-1999) est un psychiatre français.

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Henri Baruk

Fils d’un psychiatre, Henri passe son enfance dans l’institution psychiatrique dans laquelle travaille son père (en effet, les médecins vivaient alors dans des appartements de fonction logés dans l’institution).

Il obtient la Croix de guerre au retour de la Première Guerre mondiale.

Il poursuit ensuite son internat à l’hôpital Sainte-Anne.

En 1932, il dirige la Maison de Charenton. Il cite souvent son maître, le professeur Joseph Babinski.

Sous l’Occupation, il est contraint de porter l’étoile jaune. Cette période le conduit à s’interroger sur les valeurs de la religion juive qu’il commence à étudier et qui vont prendre une place importante dans son œuvre.

Professeur à la faculté de Médecine de Paris, puis membre de l’Académie de médecine en 1965.

Baruk prendra position contre la psychanalyse. Citons son point de vue :

« La recherche de la responsabilité de la maladie risque d’aboutir à charger sans cesse la famille de tous les problèmes personnels ».

Il s’oppose également vigoureusement à la lobotomie ainsi qu’aux électrochocs.

Il se prononce également contre les thérapies de choc, les abus de prescription de psychotropes.

Outre de nombreux ouvrages sur la médecine, notons des travaux sur la civilisation et la médecine hébraïques.

Bernard Halpern (1904-1978)

Bernard Halpern

Bernard Halpern

Immunologiste et allergologue, né à Tarnoruda, en Ukraine, issu d’une famille juive de huit enfants. Déporté en Sibérie par le tsar en 1905, il revient en Ukraine, qu’il quitte définitivement en 1920 quand son village est attaqué par les cosaques.

Il vient en France en 1926 faire ses études de médecine.

Réfugié à Lyon sous l’Occupation, il trouve une place chez Rhône-Poulenc. Il démontre en 1942 l’utilité antiallergique du Phénergan, le premier antihistaminique utilisé en clinique humaine.

Après la guerre, il est directeur de recherche au CNRS. L’un de ses collaborateurs fut Baruch Benacérraf, futur prix Nobel.

Membre de l’Académie des sciences et de l’Académie nationale de médecine.

La place des Patriarches, dans le Ve arrondissement de Paris, a été renommée place Bernard-Halpern en 1985.

Pierre Aboulker (1906-1967)

Né à Alger, c’est un urologue français, fils du Dr Charles Aboulker, chirurgien à l’hôpital civil. En arabe, son patronyme signifie faire du bien.

Sa famille donna de grands rabbins, tel Isaac Aboulker, décapité en 1815 sur ordre du dey, et de nombreux médecins.

Il forma toute une génération d’urologues français.

En avril 1964, il opéra le général De Gaulle à l’hôpital Cochin.

Un amphithéâtre porte son nom au CHU Cochin de Paris.

Jean Hamburger (1909-1992)

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Jean Hamburger

Médecin et essayiste français.

En 1952, il a décidé de faire la première transplantation rénale en France, sur le jeune Marius Renard, opération qui eu un retentissement exceptionnel à l’époque. Mais à la suite d’un rejet, le patient mourut trois semaines plus tard.

Il est le créateur de la disciplineMarius Renard est mort trois semaines après la transplantation.

Il a nommé sa spécialité néphrologie, c’est-à-dire l’étude du rein normal et de ses maladies. Il réalise le premier rein artificiel français en 1955.

Il est l’auteur de recherches fondamentales sur l’immunologie des maladies rénales et des greffes.

Marié avec la pianiste Annette Haas, il eut trois enfants, dont le chanteur-auteur-compositeur Michel Berger, époux de la chanteuse France Gall.

Alexandre Minkowski (1915-2004)

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Alexandre Minkowski

Pédiatre français né à Paris.

De retour d’un séjour aux États-Unis, en 1946, il découvre la néonatalogie. Contre l’avis de ses maîtres parisiens, il organise à la clinique Baudeloque le premier centre de soins aux prématurés.

Plus généralement, ses travaux ont concerné les problèmes respiratoires du nouveau-né, du prématuré et du fœtus, le développement du système nerveux et la réparation du cerveau de l’enfant après traumatisme de guerre.

Son fils Marc est un grand chef d’orchestre baroque.

Claude Olivenstein (1933-2008)

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Claude Olivenstein

Psychiatre français spécialisé dans le traitement de la toxicomanie.

Ses parents étaient tailleurs à Berlin ; ils ont fui l’Allemagne nazie pour se réfugier en France. Il échappera une seconde fois aux camps de concentration, en refusant de porter l’étoile juive comme l’ordonnait le gouvernement de Vichy.

Appelé le psy de toxicos, il a déclaré : « Il n’y a pas de drogués heureux. » Avant le sida, il était vivement opposé au traitement par la méthadone et à la vente libre des seringues. En 1984, il se prononce pour la dépénalisation du cannabis.

Il décède à 75 ans d’une maladie de Parkinson invalidante.

Citons enfin quelques médecins encore vivants.

Lucien Israël (1926-)

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Lucien Israël

Professeur de cancérologie, il a inventé la chimiothérapie ambulatoire, pour pallier le manque de lits. Son hostilité à l’euthanasie, car, dit-il, « il est impossible de lutter à la fois pour la vie et d’accomplir un geste contre elle ». Il pense qu’avec les progrès rapides de la médecine, dans quelques années un médecin pourra dira à ses patients : « Ce n’est pas grave, c’est un cancer. »

Rappelons à son sujet une histoire juive :

Arafat ayant été soigné dans la banlieue parisienne, se réveille et demande au chirurgien où il se trouve. Réponse : À Villejuif.

Qui êtes-vous ? Le professeur Israël. Quel temps fait-il ? Le professeur regarde par la fenêtre, et répond : Maussade.

Étienne-Émile Baulieu (1926-)

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Étienne-Émile Baulieu

Né Émile Blum, fils de Léon Blum (un homonyme du président du Conseil), engagé dans la Résistance, il prend le nom d’Étienne Beaulieu, qu’il conservera en le complétant de son vrai prénom.

Malgré la violente opposition de groupes politiques et religieux, en 1981, il a mis au point la pilule abortive RU 486, qui ne sera autorisée qu’en 1988 en France et dans d’autres pays. Cette pilule est utilisée aussi lors d’accouchements difficiles et dans le traitement de plusieurs types de tumeurs.

Il est aussi connu pour ses travaux sur la DHEA, utilisée contre le vieillissement cérébral, favorisant l’augmentation de la densité osseuse et l’amélioration cutanée.

Bernard Debré (1944-)

Fils de Michel et petit-fils du célèbre pédiatre Robert Debré, cité plus haut. Urologue, c’est dans son service de l’hôpital Cochin que le président François Mitterrand a été opéré de la prostate.

Sa carrière est désormais orientée vers la politique.

Le complot des blouses blanches

Complot Blouses BlanchesLe complot des blouses blanches désigne un prétendu complot de médecins soviétiques, presque tous juifs, qui auraient assassiné deux dirigeants soviétiques et auraient prévu d’en assassiner d’autres. Il s’agissait d’une machination montée de toutes pièces par le régime stalinien, et l’affaire est abandonnée en 1953 après la mort de Staline.

Les espoirs du Kremlin de rallier Israël au camp communiste se dissipant dès les années 1950, une campagne antisémite est lancée en 1952, et les membres du Comité juif antifasciste sont éliminés cette même année.

Le 13 janvier 1953, le journal de propagande soviétique, la Pravda (la Vérité, en français) publie un long article intitulé « Sous le masque des médecins universitaires, des espions tueurs et vicieux ». Selon cet article : un groupe de 11 médecins (dont 7 sont juifs) ayant soigné des membres du Parti communiste aurait empoisonné Andreï Jdanov (mort naturellement en 1948) et Aleksandre Chtcherbakov (mort en 1945). Selon les mêmes sources, ces médecins étaient au moment de leur arrestation sur le point d’assassiner d’importantes personnalités soviétiques.

De nombreux juifs, médecins et autres pharmaciens, accusés d’avoir participé de près ou de loin sont arrêtées. Au départ 37, mais le nombre atteint rapidement plusieurs centaines.

L’affaire eut un important retentissement international, et indigna le bloc de l’Ouest.

Le 11 février 1953, Israël rompit ses relations diplomatiques avec l’Union soviétique et rappela son ambassadeur.

Albert Einstein, Winston Churchill et d’autres personnalités envoyèrent des télégrammes de condamnation au ministère soviétique des Affaires étrangères, et exigèrent une enquête.

Le 1er mars 1953, Staline meurt d’une hémorragie cérébrale, mais les arrestations continuent jusqu’au 5, jour où Staline meurt « officiellement ». Beria fit mettre fin à l’affaire des médecins. La Pravda, le 4 avril, publia un communiqué annonçant que le complot des médecins n’avait jamais existé et que ces derniers étaient désormais réhabilités.

La juive Annie Kriegel

PCF logo…alors responsable de l’idéologie de la fédération PCF de Paris, parla de « médecins terroristes », complices du « sionisme » et « approuva » l’emploi des tortures pour extorquer aux « assassins en blouse blanche » des aveux fantasmagoriques, prélude à une « solution finale pogromiste ».

Bien entendu, pendant la Seconde Guerre mondiale, les médecins juifs en France ont été victimes de l’antisémitisme et des persécutions nazies.

L’État français promulgue tout au long de l’été 1940 une série de lois inspirées largement de la législation mise en place en Allemagne à partir de 1933. La France prend cette initiative sur l’instigation de Pétain, alors que les nazis n’avaient formulé aucune exigence à cet égard. Un document inédit publié le 4 octobre 2010 le confirme.

L’élimination des médecins juifs se déroule souvent sous l’indifférence d’une partie de la population.

Le médecin Destouches, alias Céline, déclare :

« Je soussigné Destouches, Louis-Ferdinand, docteur en médecine, certifie :
1. que je ne suis pas juif ;
2.
que je m’engage à faire crever tous les juifs et enjuivés de la médecine, et qui se foutent actuellement de nous plus que jamais. »

Bernard Ménétrel

petain_580Des membres de l’entourage du maréchal Pétain ont souligné l’influence de son médecin personnel et confident, le Dr Bernard Ménétrel, qui faisait preuve d’un antisémitisme virulent.

Ménétrel avait dit en confidence qu’il admirait quant à lui la décision des Allemands de procéder au déracinement définitif de la juiverie.

Si vous le permettez, je vais terminer cet exposé par une histoire personnelle. Je suis d’origine lyonnaise par ma mère, réfugiée à Lyon pendant la guerre. Mon arrière-grand-père, le professeur Edmond Weill, mort en 1924, fut l’un des maîtres de la pédiatrie française, le fondateur de l’école lyonnaise de pédiatrie infantile. Ses livres de médecine ont fait rayonner au loin le renom scientifique de la France. Il fut le premier à

Edmond Weill

Edmond Weill

attirer l’attention sur les vitamines, dont on sait actuellement l’importance. Il a l’honneur d’avoir une rue à son nom à Lyon. Mon arrière-grand-mère lui a survécu. Elle avait deux filles, dont ma grand-mère, mariée à un médecin ; la seconde, célibataire, était également pédiatre. Âgée de 82 ans en 1944, elle a été vendue par une bonne qui était la maîtresse d’un soldat allemand. Arrêtés ainsi que ma grand-tante, ma grand-­mère et mon grand-père, ils ont été déportés à Auschwitz. Les femmes ont été gazées à l’arrivée, tandis que mon grand-père est mort trois semaines après du typhus, sans savoir si ses trois filles et ses petits-enfants, dont moi, avaient pu échapper à l’arrestation (suivant le récit d’une rescapée).

Je ne serais pas ici à vous parler si mon petit frère n’avait pas été enrhumé le jour de l’arrestation, car nous devions aller nous faire vacciner ce jour-là par ma grand-tante. Ayant été avertis par la concierge de mon arrière-grand-mère, nous avons quitté notre appartement lyonnais en panique, et après de nombreuses péripéties, nous sommes partis pour Le Chambon-sur-Lignon.

J’ai eu deux autres médecins dans ma famille, des cousins germains, lesquels ont eu tous deux une fin tragique : l’un a été victime du Dr Petiot, l’autre a Martine Ménartavalé une capsule de cyanure, à 24 ans, pour éviter d’être pris par les nazis, alors qu’il tentait de franchir la frontière espagnole.
La tradition se perpétue, car mon second fils est médecin. MM♦

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3 réflexions sur “La médecine hébraïque ou médecine en accord avec la Torah

  1. Pingback: Le Billet d’Eva : « Le ghetto de Venise » | h@keshet

  2. J’ai découvert que votre arrière-grand-père Edmond Weill est dans la liste des souscripteurs de la médaille de décanat de mon arrière-grand-père, Louis Lortet, doyen de la Faculté de Médecine et de Pharmacie de Lyon, et présent à la cérémonie, le 16 novembre 1902, au côté de Fernand Widal.
    .

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  3. Pour la petite histoire, il paraît que Paul Ehrlich dont il est question dans l’article, commença ses recherches pour trouver une molécule efficace contre la syphilis en ayant remarqué qu’un dérivé de l’acide acétique, ou prosaïquement le vinaigre fort, en tue le germe. Mais il tue aussi le patient ! Alors il aurait fait de nombreux essais pour trouver comment contourner cet inconvénient, si je peux m’exprimer ainsi… Il se fait que ses recherches, plutôt empiriques selon ses détracteurs, auraient abouti après 303 essais à une molécule qui n’est pas le Salvarsan mais qui en ouvrait la voie. Certains (sans doute jaloux) médisaient qu’il n’est pas un vrai scientifique et répandirent une expression sur son compte : comme « Ehrlich » signifie « honnête » en allemand, quand ils parlaient de quelqu’un pas 100% honnête ils disaient « et ist nicht 100% 303 » ! Ceci ne l’a pas empêché d’avoir le Nobel après 606 tentatives dont la dernière concluante ! Comme quoi…

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