CONDITIONNEMENT

Etoile rougePar Michel Smadja*

Je voudrais faire part d’une petite expérience que j’ai vécue à Versailles et du lien que j’en fais avec des évènements plus récents ou plus anciens. Mes conclusions vont choquer certains. Mais il fallait que je les exprime pour soulager ma conscience. C’est mon droit. Grâce à la magie d’Internet et à HaKeshet.

Je me considère comme un « électron libre », indépendant de toute structure, n’ayant à défendre ni des intérêts professionnels, ni une quelconque allégeance politique en dehors de la défense des Nations démocratiques que sont la France et Israël.

Témoignage…..vingt ans après.

Je reçus un appel téléphonique d’un certain A.V. qui me proposait de créer une section de l’Association France-Israël à Versailles. Il avait découvert mon identité dans une rubrique de courrier des lecteurs d’un journal israélien.

L’opération a bien débuté et la mobilisation d’un certain nombre de personnes de la communauté a permis des actions intéressantes notamment des conférences salle Cadoret de l’Hôtel de Ville de Versailles.

L’une d’elles a porté sur l’économie israélienne avec Daniel Rouach, actuel président de la Chambre de Commerce franco-israélienne. Conférence très instructive qui a satisfait un public important.

J’ai gardé le souvenir d’une autre intervention. Celle d’Ilan Greisalmer, professeur à l’Université Bar-Lan. Elle a eu lieu en 1992, peu de temps avant la signature des funestes accords d’Oslo.

France IsraelCe respectable professeur était persuadé de la réussite de ces accords en cours de préparation et il comptait notamment sur la modération….de l’Arabie saoudite[1].  Je lui avais fait remarquer que qualifier cet État de modéré était un peu surprenant. C’était moins d’une décennie avant le 11-septembre, méga-attentat dans lequel 15 terroristes sur 19 avaient la citoyenneté saoudienne.

Chacun est, certes libre de ses opinions et croyances. On peut s’étonner, quand même, du manque de lucidité d’un professeur aussi éminent qui a en charge la formation des futurs dirigeants israéliens.

Toutefois ce n’est pas de cet incident que je veux porter le témoignage. Il s’agit plutôt du dernier évènement que le groupe organisa. Cela concernait un film qui fut projeté un soir de semaine au Cyrano.

C’est le sujet du film qui posait problème : la difficile intégration de jeune(s) juif(s) dans les grandes universités américaines face à un antisémitisme latent (malheureusement je n’ai pas pu en retrouver le titre).

Évidemment, malgré l’intérêt du sujet, cela n’avait rien à voir avec l’objet de l’Association France-Israël qui est de promouvoir l’amitié entre les peuples français et israélien.

Une partie du groupe de France-Israël Yvelines s’opposa à la projection de ce film. Malgré cela A.V. s’obstina et réussit à le faire projeter.

Mais, évidemment, la dynamique du groupe se brisa et le Président de France-Israël, Michel Darmon, rappela que l’association devait être à l’écart de toute connotation religieuse ou ethnique.

Rose PSA l’époque, je ne reprochai à A.V., socialiste de tendance deloriste, qu’une attitude confuse et sa bonne foi n’était pas en cause. Toutefois je comprenais plus ou moins que le socialisme mitterrandien profitait de l’immense prestige du socialisme démocratique (affaire de Suez, aide au savoir-faire nucléaire, soutien de l’Internationale Socialiste à l’État d’Israël, résistance au communisme conquérant) pour s’accaparer des relais d’influence dans la société française.

Coïncidence

Amalgame de Mai

Remontons encore dans le temps : 24 ans. Les fameux slogans inventés par les meneurs de mai 68.

« Nous sommes tous des Juifs Allemands » ; « CRS=SS ».

Sans blague : Cohn-Bendit était persécuté comme les Juifs allemands au moment du nazisme ? La police de la république gaullienne était semblable aux tortionnaires IIIe Reich ?

Devant le grotesque et l’indécence de ce discours personne ou peu ont protesté. Où étaient les ligues de vertu si sourcilleuses devant cet amalgame insultant la mémoire des victimes du nazisme.

CRS SSCerise sur le gâteau : l’extrême-droite (la vraie, celle qui alimente le fonds de commerce de ceux dont nous parlons) cria au complot (pardon à la cabale). « Le Juif Cohn-Bendit fait payer à De Gaulle, l’attitude de ce dernier vis-à-vis d’Israël ! »

En fait, c’est l’inverse dont il s’est agi : détourner les capacités de résistance et de lutte des populations juives du seul projet vraiment essentiel à la survie du judaïsme, le sionisme.

Six jours

Eh bien, justement. Faisons encore fonctionner notre machine à remonter le temps. Pas de beaucoup, juste une petite année.

En six jours, l’Armée d’Israël réussissait à briser l’étreinte qui menaçait le minuscule État et reconquérir les lieux historiques de l’identité juive (sans toujours en comprendre l’importance).

Je ne m’appesantirai pas sur l’impact émotionnel qu’ont ressenti à ce moment-là les Juifs à travers le monde. Ni le refus inconditionnel du monde arabe devant la réalité (le triple non de Khartoum).

En fait, ce qui est important dans cette victoire, est la démonstration qu’un projet national-démocratique allait transcender des populations éparses, brisées par le Grand Génocide, le déracinement et des conditions socioéconomiques très difficiles.

Le gauchisme libertaire et mondialiste qui allait phagocyter progressivement le socialisme démocratique ne pouvait le supporter.

Un demi-siècle plus tard.

Immigration MerketJe me suis suffisamment intéressé à la politique pour conclure que ce demi-siècle a enregistré trois échecs majeurs qui ont des répercussions dans notre vie présente et dans l’avenir des prochaines générations.

Échec de la décolonisation

Les peuples africains vivent un véritable enfer, alimenté par une croissance démographique explosive (plusieurs dizaines de millions de bouches à nourrir en plus chaque année) alors que l’Europe en accueillait un million en 2015 dans les conditions que l’on connaît.

Pour ces malheureux, la seule solution leur paraît être l’émigration dans les pays occidentaux, quitte à se mettre sous la coupe de passeurs sans scrupule et risquer la vie de leurs enfants sur de frêles embarcations.

*** Articles de Michel Smadja ***

Échec du monde arabe à se moderniser

Tunisie
L’exemple le plus significatif de cet échec est, bien sûr, le cas de ce malheureux jeune Tunisien, désespéré de ne pouvoir exercer une petite activité commerciale et qui décida de s’immoler par le feu.

Pourtant la révolution de Bourguiba avait permis tous les espoirs. La rapacité d’un clan Ben Ali en avait décidé autrement.

« Palestine »
Journal La Capitale re Yehuda Glick
L’université numérique juive diffusait, récemment un cours sur Israël et l’espoir (disons la croyance) d’une coopération fructueuse entre l’ « État start-up » et le futur État palestinien.

Toutefois la description du fonctionnement de l’autorité palestinienne était présentée sans complaisance : corruption et népotisme en sont les deux mamelles.

Le professeur ne nous a pas expliqué comment « réduire cette contradiction ».

Islamisme et Djihadisme
Si notre professeur n’a pas de réponse, le monde arabe en a une, malgré les efforts désespérés d’un maréchal Sissi et de quelques autres.

Échec du socialisme démocratique

Je me rappelle de l’éminent démographe que fut Alfred Sauvy qui avait analysé dans un livre sur le socialisme, les erreurs qu’avaient commises ses dirigeants. En gros, des lois sociales sont parfaitement injustes lorsqu’elles favorisent des situations acquises et ne tiennent pas compte des inégalités ainsi créées.

Nous en subissons les résultats sans que personne n’ose vraiment s’y opposer. Des groupes ultra-minoritaires s’approprient des parts injustifiées de la richesse nationale par la violence, l’intimidation ou simplement la dissimulation : syndicalistes d’entreprises publiques, éboueurs de la ville de Marseille, intermittents du spectacle, certaines catégories de fonctionnaires, etc….

Une tragédie emblématique : Ilan Halimi

Rien n’illustre mieux dans cette tragédie, les trois échecs que j’ai essayé d’identifier.

Le contexte social

Une population déracinée, déculturée et peu qualifiée qui, inévitablement, nourrit de la rancœur et de la frustration par rapport à la société environnante.
Les seuls qui paraissent y avoir retrouvé dignité et fierté sont les islamistes. Ces derniers promettent une société de Fraternité à condition de liquider les infidèles, en particulier ceux qui ont créé et continuent à soutenir le blasphème suprême, l’État d’Israël.

Comme à l’époque du Christianisme à la conquête des âmes perdues, comme à l’époque de l’Europe scientifique, on jette à la populace restée au bord de la route du Bonheur, un os à ronger, une population sans défense que l’on accuse d’être la responsable des malheurs de tous les laissés pour compte.

Ni le discours des droits de l’Homme, ni l’assistance sociale, ni l’école gratuite et obligatoire n’empêchent une minorité de glisser vers la délinquance. A plus forte raison, si cette dernière est enrobée de justifications religieuses.

La manif.

Le jeudi 23 février 2006, une cérémonie à la mémoire d’Ilan se tient à la grande synagogue de la rue de la victoire. Philippe de Villiers, présent, y est chaleureusement applaudi.

Manif Ilan HalimiLe dimanche 26, une manifestation part de la république pour dénoncer le crime horrible. Parmi eux, Philippe de Villiers. Les sbires de SOS racisme (filiale du PS) ne l’entendent pas de cette oreille. Ils se permettent d’éjecter violemment Philippe de Villiers de la manifestation sans que personne n’intervienne.

Le silence des dirigeants communautaires fut assourdissant. Quelques regrets gênés ont bien été bredouillés, ici ou là. Le plus décomplexé fut l’animateur Arthur, des émissions duquel on connaît la haute tenue, qui justifia totalement cette offense.  Les conservateurs, catholiques ou juifs, ça porte atteinte au business audio-visuel.

De toute façon, les A.V. de tout le pays et leurs complices juifs ont bien travaillé : la communauté est sous contrôle[2].

BDS

Une nouvelle arme se met en place contre Israël : Boycott, Désinvestissement, Sanctions. Il s’agit d’une organisation internationale très dangereuse particulièrement malfaisante sur les campus américains.

Le « débat » quotidien d’Arte : conférence collective de rééducation républicaine, démocratique et populaire comme au bon vieux temps de la R.D.A.

Récemment le « débat » quotidien d’Arte (conférence collective de rééducation républicaine, démocratique et populaire comme au bon vieux temps de la R.D.A.) portait sur le boycott d’Israël.

BDSLe meneur de ce collectif pédagogique (pardon de ce débat) était Rony Brauman, grand humaniste acharné à la perte de l’État d’Israël.

Il expliquait qu’il était inadmissible que le boycott des produits israéliens fût interdit en France à la différence des autres pays occidentaux.

Toute la C.P.R. (conférence pédagogique de rééducation) a tourné autour de ce thème et l’avocat commis d’office pour la défense d’Israël a bredouillé quelques arguments en ayant l’air de s’excuser.

Personne n’a répliqué à ce Brauman, qu’il ferait mieux de changer d’activité lorsqu’il défend ceux qui envoient des enfants munis de ciseaux tuer des Juifs ou qui font voter par les instances internationales une résolution prétendant que le Mur des Lamentations est un monument islamique.

Communauté et démocratie

Pour la France

C’est peu dire que les membres de la communauté juive sont désemparés. Mais ils ne sont pas les seuls à subir la situation catastrophique que connaît la France. Les responsables en sont facilement identifiables. Les Juifs étant une minorité microscopique à l’échelle de la France, il faut espérer que l’ensemble des citoyens français trouvent enfin une réponse politique à cette situation.

Pour la communauté juive

Il faut que cesse l’instrumentalisation de la communauté juive.

Chaine et verrouPour cela, Il suffit de résister aux intimidations de ceux qui sont intéressés à cette instrumentalisation et à leurs comparses[3]. Les Juifs ont des amis sincères dans toutes les couches de la société. Certains sont diabolisés à tort. Hier, c’étaient Philippe de Villiers et Alain Madelin. Aujourd’hui, c’est Maître Collard dont il faut saluer les discours de défense d’Israël à l’Assemblée Nationale.

Il est vrai qu’une différence nous sépare de nos compatriotes non-juifs : notre attachement à l’État d’Israël. Cet attachement est le produit de l’histoire et des traditions communes. Il ne peut en être autrement. Les citoyens non-juifs sincères ne peuvent nous en faire le reproche. Ni la communauté juive, ni l’État d’Israël ne menacent la France, l’Europe, la démocratie ou quelque nation que ce soit.

A nous de défendre dignement l’Honneur d’Israël et également celui de la France et de renvoyer dans les poubelles de l’Histoire ceux, qui sous prétexte d’une vague origine juive, se permettent des paroles et des actes indignes des Valeurs dont nous sommes les héritiers. MS♦

[1] C’est toujours le cas de la puissante intelligentzia israélienne, si prompte à s’indigner contre tout manquement, non pas à la démocratie mais à la complaisance vis-à-vis des exactions nationalistes de ceux qui se prétendent palestiniens.
[2] Dans un autre domaine, au moment des manifestations contre le mariage homosexuel, un entrefilet du Figaro notait que le Consistoire devait se réunir prochainement mais que cette question n’était pas à l’ordre du jour. On peut penser ce que l’on veut de ce sujet, mais il est sidérant de constater que les dirigeants de la principale organisation du Judaïsme traditionnel n’osent pas s’exprimer.
[3] Pendant la guerre froide ceux qui naïvement soutenaient le communisme sans en faire partie, étaient qualifiés, à juste titre, d’ « Idiots utiles ».

Michel Smadja* Michel Smadja, toujours passionné par la politique, a préféré une carrière plus sage dans le contrôle de gestion et le conseil aux petites entreprises. Cela ne l’a pas empêché de suivre les événements avec toujours beaucoup d’intérêt et de souffrance lorsque les autobus explosaient en Israël. Qui n’a pas cru au Printemps 68 ; qui n’a pas cru à la Paix pour Israël, qui n’a pas cru en la psychanalyse qui devait libérer les esprits, n’a jamais été jeune. Finalement l’âge de la retraite est, peut être l’âge de la liberté, en tout cas de l’écriture sereine et, parfois de colère froide.

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Une réflexion sur “CONDITIONNEMENT

  1. J’apprécie votre analyse fort détaillée. Personne ne doit s’indigner de vos propos car, comme dans le Talmud, chacun doit s’attacher à en chercher le sens, leur justesse ou la contradiction obligatoire à apporter. Cela dit, je pense que la démotivation certaine de notre communauté et ses probables erreurs dissimulent à peine un certain écœurement: « Hausser les épaules et tenir son cap ». Certains juifs pensent, peut-être à raison, qu’il faut laisser l’absurdité aller au bout de sa logique désastreuse… et attendre la onzième plaie. La tragédie annoncée ne concernant pas uniquement la France, on peut s’interroger sur les solutions viables et la conduite à tenir. Quant à l’antisémitisme, beaucoup, traumatisés, l’ont vu à droite alors que notre jeunesse en discerne les mutations monstrueuses, essayant de convaincre leurs aînés – jadis le plus souvent de gauche- qu’il est devenu indépendant des partis, indépendant des ethnies, indépendant des religions. Tel une cellule cancéreuse gangrénant progressivement les organes et les institutions, il a perdu son tropisme. Le peuple juif, conservateur et humaniste, libertaire et traditionaliste, attaché aux lois comme au libre arbitre n’a plus que faire des âneries de l’humanité (sauf pour sa survie) et c’est peut-être la cause de sa (provisoire) démission. Merci. Jacques OHAYON

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