« Nom de D’ieu ! On a tué un homme de D’ieu au nom de … D’ieu ! »

Tcho Curé égorgé

Par Jean-Jacques Hadjadj*

Le 26 juillet dernier, dans son église de Saint-Etienne du Rouvray, le père Jacques Hamel, 86 ans, a été odieusement assassiné, « au nom d’Allah », par deux hommes se glorifiant de leur allégeance à Daech.

« Allah » ! Ne serait- ce pas le nom par lequel les Musulmans désignent le D’ieu de Moïse et d’Abraham auquel les trois religions, dites « du Livre », jurent régulièrement amour et respect ? C’est de cette noble et fraternelle tâche que s’acquittait, ce jour là, le regretté Père Jacques Hamel en dirigeant la prière de quelques lèves-tôt.

Je n’ouvrirai pas une discussion théologique, laissant cette affaire aux spécialistes ; mais la référence de trois religions à un même D’ieu, qui pourrait les unir au lieu de les diviser, m’interpelle depuis longtemps et je suis tout aussi agacé par le terme : « déséquilibré », qu’on utilise régulièrement pour désigner ce type d’agresseur ! (Même si j’ai bien compris que, pour commettre ces actes barbares, il faut certainement être un déséquilibré, manipulé par les déséquilibrés d’un État dit « Islamique » avec pour Président (ou Calife) autoproclamé le plus déséquilibré d’entre tous.)

Je pense qu’un individu qui assassine des civils, parfois religieux de surcroît, est un terroriste et qu’il faut le traiter avec toute la rigueur de la loi sans se laisser impressionner par les hypocrites qui crient « pas d’amalgame » dès qu’on parle d’attentat islamiste.

Sans jamais oublier le martyre du Père Jacques Hamel (qui me rappelle celui des moines de Tibhirine), je voudrais souligner que ce drame a suscité la présence d’un certain nombre de Musulmans à ses obsèques, et à plusieurs manifestations pacifiques auxquelles ils ont participé pour indiquer leur désapprobation et leur opposition à cet acte.

Déséquilibré

Vous avez dit déséquilibré ?

J’attendais là ces Musulmans, respectueux des valeurs du « Livre » et de la République, qui ont le courage de se démarquer de la déviance que nous constatons depuis un certain nombre d’années et que nos « zommpolitiques » préfèrent ne pas voir, craignant de perdre un certain électorat nécessaire au renouvellement de leur mandat grassement rémunéré et pas toujours mérité. Ils devraient prendre exemple sur ces Musulmans qui osent, publiquement et simplement, risquer leur vie pour leur foi en l’amour des hommes. Ils savent, et nous savons aussi, quelles représailles ils risquent de ces ennemis de l’intérieur dont nos dirigeants politiques, tous partis confondus, n’ont pas su, ou voulu, nous débarrasser.

Réalisent-ils, parfois, combien il est dégradant d’être élu avec certaines voix ?

C’est à ces mêmes dirigeants politiques de prendre les responsabilités, nationales et internationales, qui s’imposent et qui sont les leurs. Et nous ne devrons rien oublier lors des consultations auxquelles les Français seront soumis dans les mois et les années qui viennent.

Quant à nous, que pouvons nous faire ?
Mener la guerre civile qui a failli commencer en Corse ; celle qui ne profiterait qu’au « Calife de Daech » qui l’appelle de ses vœux, qu’importe la religion des victimes, leur innocence ou culpabilité car seul le nombre des victimes compterait et surtout les divisions et troubles ainsi déclenchés ?

*** Lire les articles de Jean-Jacques Hadjadj ***

Ou poursuivre avec acharnement le dialogue de paix à l’exemple du Père Hamel et de bien d’autres, sans oublier la famille Sandler et celle de Madame Ibn Ziaten endeuillées par les attentats de Toulouse et Montauban ? Et cela, en gardant constamment devant nos yeux toutes les victimes des attentats barbares qui frappent la France depuis un certain nombre d’années ?

Si, dès ces évènements, les défenseurs de la paix étaient « descendus dans la rue », nous n’en serions, peut-être, pas là !

Nous ne pouvons faire qu’avec ce dont nous disposons pour faire barrage à la barbarie.

Des associations inter religieuses existent et nous pouvons nous y engager pour renforcer un dialogue déjà entamé. Je voudrais citer notamment « Les Amitiés Judéo-Chrétiennes », « Les amitiés Judéo-Musulmanes » et le « Groupement Inter Religieux pour la Paix (GIP) ».

J’en oublie certainement que je ne connais pas, ou pas bien, mais chacun saura où s’engager ; car c’est celà qui compte : s’investir massivement en hommes et femmes de paix !

Le Maroc donne l’exemple
Jean-Jacques HadjadjÀ mes modestes réflexions écrites il y a déjà quelques jours, viennent s’ajouter, fort opportunément, les déclarations de Son Altesse Mohamed VI, Roi du Maroc, qui a appelé samedi à « ouvrir un front commun pour contrecarrer le fanatisme des djihadistes » et « exhorté les Marocains de la diaspora à se faire les défenseurs d’un islam tolérant ». JJH♦

*Biographe privé

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