« Les juifs sans la France ? »

BDS 1-4-17 Séparation Crif.jpgPetite histoire d’une contre manifestation

Par Dov Fitoussi

Tous le jurent depuis longtemps la main sur le cœur, enfin surtout ceux actuellement au pouvoir, discours à l’appui devant tous les publics, enfin surtout les publics juifs :

« La France sans les juifs se serait plus la France »,

« L’antisémitisme n’a pas sa place dans la République… »,

« La résolution de l’Unesco sur le mur occidental de Jérusalem, votée par la France était une erreur… »

Faut-il rappeler que les juifs n’ont rien demandé ? Mais qu’ils constatent depuis quelques années, que leur intégration exemplaire dans la République est sans cesse remise en doute qui par des « antiracistes », qui par des « antisionistes » ? Que cette intégration des juifs est instrumentalisée sous la dénomination pudique de « tensions intercommunautaires » par de nombreux hommes politiques qui ne veulent ni nommer le réel ni surtout prononcer dans la même phrase « terrorisme » et « islamique » pour ne pas faire d’ « amalgame » ?

Le distinguo superficiel entre « antisionisme » et « antisémitisme » a permis à de nombreux islamo-gauchistes, de critiquer Israël en toute bonne conscience, en brandissant la cause palestinienne ou le boycott d’Israël (BDS), pourtant interdit en France.

thermomètre.pngLe thermomètre juif
Aujourd’hui 1er Avril 2017, aucun poisson ici, quelle mouche a donc piqué nos dirigeants pour qu’ils autorisent une manifestation intitulée « Pour la séparation du CRIF et de l’État », organisée par les organisations pro-palestiniennes habituelles (CAPJPO, Europalestine, BDS… ? Un tel intitulé ne saurait laisser planer le moindre doute sur le caractère antisémite de l’opération. Même Anne Hidalgo, maire de Paris, s’est fendue d’une demande officielle d’interdiction, rappelant les sinistres épisodes de Juillet 2014.

*** Lire les articles de Dov Fitoussi ***

Dans la presse, peu ont parlé de cette manifestation et surtout de son intitulé[1] abject. Parmi les hommes politiques, idem.

Parmi nos gouvernants, aucun n’a semblé comprendre ce que l’on trouvait à redire cet intitulé. Liberté d’expression, sans doute…

Encore une fois faut-il que ce soient des organisations juives ou franco-israéliennes qui rappellent ce qu’il y a derrière cette manifestation[2] ? Encore une fois, le thermomètre juif, bien seul comme trop souvent, a fait apparaître, derrière cette manifestation autorisée, l’état inquiétant de notre pays.

Les élections toutes proches ont-elles quelque chose à voir ? Une participante à la contre-manifestation explique :

« Votre camp est là-bas »
Mais voyons comment s’est passée cette manifestation. Quelques participants à la contre manifestation, membres du B’nai B’rith[3], réunis autour du président national de cette organisation, Serge Dahan, nous ont adressé leurs témoignages et quelques vidéos :

Les BDS ont été confinés autour d un cercle de camionnettes de CRS, place du Châtelet.  A 14h00 de la musique arabe et des chants (« antisionistes » ai- je entendu dire) nous avons décidé d’entrer dans la manifestation pour écouter. Il y avait aussi des huissiers. Mais un cordon de police nous a fouillés et questionnés : « de quel côté êtes vous ? J’ai dit que j’étais ici pour écouter si des propos antisémites sont prononcés. Il m’a été répondu : « donc votre camp (sic !) est là bas »… et nous avons été dirigés vers l’avenue Victoria où 200 personnes sont rassemblées avec des drapeau israéliens.

Drapeaux français et Marseillaise
Mais il y a aussi des drapeaux français bien sûr, et la Marseillaise n’est pas oubliée, contrairement à celle de BDS, confinée autour de la fontaine du Châtelet et entourée de CRS. Là, comme une télé russe l’a montré, non seulement ils étaient plutôt clairsemés, mais pas de drapeaux français, que des palestiniens.

Munich sur Seine
Des Français, juifs ou non, ont estimé de leur devoir de ne pas avaler encore cette nouvelle couleuvre de « séparation du CRIF et de l’État » calquée sur la vieille antienne antisémite s’il en est, sous à peu près toutes les latitudes, que les juifs contrôlent le monde. Et l’État justement n’y a rien trouvé à redire en n’interdisant pas cette manifestation. Où est-il donc cet État ? Craint-il donc tant ceux qui l’apostrophent ainsi ? En refusant de réagir, il a montré encore sa faiblesse, comme il l’a fait il y a quelques semaines en autorisant en France un meeting électoral d’un pays en voie d’islamisation avancée, alors que les Pays Bas et l’Allemagne avaient refusé un tel meeting. « Apaisement » avait justifié notre ministre des Affaires étrangères, reprenant le même mot utilisé à Munich en 1938 ! Lapsus, dites-vous ?

BDS 1-4-17 Georges Ibrahim Abdallah

Comdamné par la Justice française (Photo Anne Reinaud © Metula News Agency)

Ce 1er avril, tout près de la Seine, était-ce une marque d’ « apaisement » adressée à ceux, également français, que la France craint tant ? Mais non voyons, la France sans les juifs…blablabla….

Quelque chose me dit que les juifs sans la France vont bientôt être un peu plus nombreux, même la mort dans l’âme. DF♦

Voir également :
Dov Fitoussi
Le Monde
[1] Voir Causeur
[2] Communiqué de France-Israël Marseille
[3] Association caritative juive

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