Evgueni Evtouchenko : « En Russie, un poète est plus qu’un poète »


evgueni-evtouchenko.jpgEvgueni Evtouchenko : 18 juillet 1932 – 1 avril 2017

Par Ada Shlaen*

La poésie occupe une place très importante et bien particulière dans la vie des Russes. Il serait insuffisant de dire qu’ils l’aiment, je pense qu’ils la vivent d’une manière très intense et intime. Et dans des moments difficiles, lorsque le pays traverse une crise, en temps de guerre, il n’est pas rare d’observer un renouveau poétique avec l’apparition d’une pléiade de jeunes auteurs qui jouissent alors d’une immense popularité. Lire la suite

Les sept piliers capitaux…


conf-zeev-levyPar Andrée Saban

L’ACIV a offert le 29 janvier dernier, à un public venu nombreux, une soirée particulièrement intéressante à travers l’intervention de Monsieur Zeev Levy, professeur d’hébreu. Cet exposé avait pour thème : « Les 7 piliers de la langue hébraïque ». Dans une construction rigoureuse, nous a été présenté tout ce qu’il y avait d’original dans cette langue, par ses spécificités « uniques au monde ».

En voici l’essentiel : Lire la suite

« Carte blanche » à la Cinémathèque de Jérusalem et à la Spielberg Jewish Film Archive


ouvriers-juifs-palestineDu 4 au 24 janvier 2017

Fondation Jérôme Seydoux, Avenue des Gobelins à Paris

Cela fait partie de la grande histoire du cinéma mondial
A NE PAS MANQUER, plus qu’une petite semaine

La Fondation Jérôme Seydoux-Pathé offre une carte blanche à la Cinémathèque de Jérusalem et à la Spielberg Jewish Film Archive. L’occasion pour les spectateurs franciliens d’avoir accès à un échantillon unique au monde de films muets – documentaires et fictions – tirés des archives cinématographiques israéliennes. Lire la suite

Le Billet d’Eva Naccache : « Jérusalem Autrement »


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Le roi Sédécias

Par Eva Naccache

Encore un voyage en Israël, direz-vous ! Mais là, nous avons découvert des sites peu fréquentés par les touristes, accompagnés par Ariane Bendavid, maitre de conférences et d’études juives à la Sorbonne.

Sous la vieille ville, près de la porte de Damas les « grottes de Sédécias » ou « carrières de Salomon ». Le Roi Salomon a utilisé ces roches pour bâtir le Temple au Xe siècle avant notre ère. Au XVI° siècle, Soliman le magnifique a fait construire les remparts en creusant encore et encore…… Nous arrivons dans une immense salle ; en1868 le Grand Maitre maçonnique du Kentucky y a présidé une importante tenue : ouverture de la loge-mère royale de Salomon portant la référence 293. Lire la suite

« L’hébreu et le lycée Marie Curie de Sceaux (92) »


je-signe-la-petitionPar la Rédaction

Il ne vous a pas échappé, même si vous n’avez pas d’ados en âge d’étudier les langues, vivantes ou mortes, que des bonnes fées du Ministère de l’Éducation se sont récemment penchées sur ces berceaux que sont les langues, pour décider que certaines, même déjà mortes, seraient tuées une seconde fois, et que d’autres dont une en particulier souvent citée, seraient introduites dans de nouveaux berceaux pour clients encore plus jeunes. Lire la suite

« Israël et les nations » par Neve Shalom


logo-neve-shalomAvec le soutien de Massorti Olami

logo-massortiJournée d’étude juive et philosophique
par le rabbin Rony Klein

« Israël et les nations »

Dimanche 5 février 2017

Cette étude juive entend proposer quelques éléments de réflexion sur un sujet capital de la tradition juive : Israël et les Nations. Malgré la singularité de l’élection divine, pivot du récit juif, Israël ne s’est jamais considéré comme un peuple seul au monde, au point que le récit biblique relate la naissance des nations avant celle d’Israël. L’historicité d’Israël, son inscription dans l’Histoire sainte d’Abraham à nos jours, se noue à travers sa relation souvent tourmentée aux Nations. Lire la suite

« À Claude Hampel, le yiddish reconnaissant »


Un homme de fidélité et de mémoire
18 octobre 1943- 11.novembre.2016

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Claude Hampel

Par Ada Shlaen*

Le 16 novembre, au cimetière de Bagneux, de très nombreuses personnes se sont réunies pour exprimer leur chagrin et rendre hommage à Claude Hampel. Il occupait plusieurs postes importants au sein de la communauté juive, car il présidait la Commission du Souvenir du C.R.I.F. et était le vice-président du Cercle Bernard Lazare. Parallèlement il assurait la direction de Cahiers Bernard Lazare et de Cahiers Yiddish – Yiddishe Heftn. Il animait aussi une émission hebdomadaire Le yiddish show sur Radio J. Il était Chevalier de la Légion d’honneur et Chevalier des Arts et des Lettres. Lire la suite

Poésies d’un autre temps…


couverture-poesies-dun-autre-tempspar Marc Alberman*

« Chers amis,
Véronique Levy-Scheimann viendra présenter son recueil de poèmes « Poésies d’un autre temps » dimanche 4 décembre à 16h00, au Parnasse, 4 rue André Chénier à Versailles (place du marché Notre-Dame, près de la Gare Versailles Rive-droite). Véronique écrit aussi bien en prose poétique, en mètres et en vers libres. Son imagination donne vie aux objets du quotidien (un fauteuil, une petite voiture…) et nous permet d’entendre leurs confidences. Son style clair et concis emporte le lecteur dans un univers poétique intime et original. Ce livre, dédié à son père, est illustré par Myriam Mornac et édité par Thierry Sajat.

couverture-poesies-dun-autre-temps-verJ’ai rencontré Véronique l’année dernière à l’Espace Rachi à Paris où a été créé le spectacle Homens Mapole dont j’ai écrit la musique. Elle m’a fait part de son envie d’écrire. Ayant mis en musique différents poèmes, je le lui ai expliqué les principes de la métrique (le rythme poétique). Une promenade au Parc Balbi de Versailles avec ma fille Rose lui a inspiré le second poème de son recueil, que je vous invite à découvrir. »

marc-alberman* Marc Alberman est juriste, spécialisé en droit de la culture. Il est également compositeur et pianiste. Il donne des concerts de piano, avec son épouse Garance Miné-Alberman, autour des musiques juives et a écrit la musique du spectacle Homens Mapole (La Chute d’Haman) qui a été créé en 2015 à Paris et à New-York.  Il habite Versailles depuis 2012.

 

 

« Dylan le passeur »


dylanPar Amnon Suissa*

Succédant à la Bélarusse Svetlana Alexievitch en 2015, l’attribution du Nobel de littérature en 2016 au chanteur Bob Dylan a provoqué la stupéfaction auprès de certains auteurs. D’une part les écrivains dits puristes, et d’autre part, les inconditionnels de Dylan. Afin d’élucider quelque peu ce débat, je suggère une perspective à deux volets. Dans un premier temps, un bref survol des pour et des contre, d’un point de vue des écrivains, et dans un deuxième temps, ma vision personnelle, plus privée, voire affective envers mon héros de poète. Lire la suite

Théâtre : « L’Ombre, d’Evguéni Schwartz »


affiche-ombre-menilmontantPar Ada Shlaen*

Versailles est très réputée pour ses établissements scolaires, parmi lesquels se distinguent tout particulièrement deux lycées : Hoche et La Bruyère.

Le lycée Hoche : garçons !
C’est le plus ancien, car déjà au XVIIIe siècle, il hébergeait, sous la férule des religieuses, de jeunes filles pensionnaires, issues des familles de serviteurs royaux. En 1803, le bâtiment, dévasté pendant la révolution, fut remis en état et à partir de 1807 devint un lycée de garçons. En 1888, le lycée fut appelé lycée Hoche[1], en mémoire du général Lazare Hoche, né à Versailles.

Le lycée La Bruyère : filles !
Le lycée La Bruyère fut créé comme un lycée de jeunes filles. Il a pris ce nom en 1962 pour insister peut-être sur le caractère littéraire de l’établissement. Il est moins ancien, étant fondé en 1895 à l’endroit d’un cours d’enseignement municipal, subventionné par l’État et qui existait déjà en 1867. Avec le temps il put occuper une splendide propriété avec parc, et connut plusieurs agrandissements, dont le dernier date de 1992.

Quand dans les années 1980, j’ai été nommée dans ce lycée, les filles y étaient toujours majoritaires et au-dessus du portail du 31 avenue de Paris, figurait l’inscription : « Lycée de jeunes filles ». Même parmi les professeurs il y avait peu d’hommes. Je me souviens surtout de Christian Gautier, professeur de mathématiques et auteur de plusieurs manuels réputés. Il était d’une gentillesse extrême, toujours prêt à vous aider. Depuis quelques années, en sa mémoire, il existe un prix, décerné aux étudiants des ECS 1 qui doivent donner toute satisfaction aussi bien en matières scientifiques que littéraires. Car ce lycée excelle surtout dans l’enseignement des lettres. Peu de lycées en France offrent une telle palette de langues. Évidemment le latin et le grec y trouvent toujours beaucoup d’amateurs ; en ce qui concerne les langues modernes le choix est extrêmement large : anglais, allemand, espagnol, italien, polonais et le russe.

*** Lire les articles d’Ada Schlaen ***

Un professeur de russe ne pouvait qu’être heureux dans ce lycée où les élèves « russisants » étaient nombreux. En seconde, les débutants étaient souvent une bonne trentaine ! Déjà le fait de choisir cette langue, réputée difficile et de persévérer durant des années pour progresser, me semblait une prouesse digne d’éloges.

Dans nos groupes il y avait peu d’enfants d’origine russe et, à vrai dire, ils n’étaient pas les meilleurs. Oui, ils avaient des facilités, accentuaient correctement les mots, mais faisaient beaucoup de fautes à l’écrit, ne lisaient pas les classiques russes, se contentaient de leur bagage linguistique, parfois assez maigre et prenaient mal toutes les critiques de la part des enseignants. Pour cette raison j’ai préféré souvent mes élèves francophones, plus travailleurs et plus intéressés par la langue et la littérature. Certains ont continué l’étude du russe après leur bac et je les côtoie encore maintenant avec un plaisir, toujours renouvelé. Parmi eux je vais citer une jeune actrice Mathilde Louarn qui va présenter près prochainement à Paris au théâtre de Ménilmontant une belle pièce intitulée l’Ombre[2] de l’auteur russe Evguéni Lvovitch Schwartz.

Mathilde Louarn

Mathilde Louarn

Mathilde Louarn, metteur en scène, Versaillaise
Mathilde est née à Versailles, d’ailleurs sa famille y habite toujours. Déjà à dix ans elle a commencé à apprendre le russe et depuis, cette langue est devenue très importante dans sa formation scolaire et universitaire. L’amour du russe unit toute la famille, le frère cadet de Mathilde, élève du lycée Hoche a aussi étudié le russe, et d’après mes collègues, il était aussi un excellent élève russisant.

Pour Mathilde, le russe et le théâtre vont de pair, déjà à 10, elle étudiait le russe et avait des activités dans un atelier théâtral. Elle a travaillé avec Marcelle Tassencourt, qui était pendant de longues années la directrice du théâtre Montansier à Versailles. Mathilde avait trouvé un moyen de concilier son amour du théâtre et du russe. Après avoir suivi les cours en Classes Préparatoires aux Grandes Écoles (les fameuses CPGE) elle a obtenu une licence de russe.

Mathilde Louarn :
« le russe et le théâtre vont de pair »

Son mémoire portait sur l’histoire du théâtre russe (« Le Théâtre de science-fiction soviétique à travers les pièces de Boulgakov et Maïakovski, 1928-1935 »). Elle a perfectionné son parcours universitaire par un Master, obtenu avec mention très bien et couronné par le mémoire sur « Révolutions idéologiques et esthétiques chez les metteurs en scène russes et soviétiques, 1905-1940 ».Parallèlement elle faisait du théâtre au sein du Conservatoire municipal Georges Bizet et des compagnies Le Knout et la Compagnie des Petites Heures.

Evgueni Schwartz

Evgueni Schwartz

L’Ombre, d’Evguéni Schwartz
L’étape actuelle sera ponctuée par la mise en scène du conte scénique d’Evguéni Schwartz, intitulé l’Ombre avec des jeunes acteurs réunis dans la Compagnie des Sombres Héros.

« Sauvé par les enfants »
Evguéni Lvovitch Schwartz (1896-1958)
est un auteur assez connu en France avec une nette prédilection pour sa pièce le Dragon, montée à plusieurs reprises depuis la première mise en scène d’Antoine Vitez en 1968. Ce dramaturge aurait pu devenir encore une victime du régime soviétique, mais il avait trouvé une parade, en devenant un auteur, catalogué comme spécialiste de la littérature pour enfants. Il faut savoir qu’en Russie depuis toujours la littérature enfantine est prise très au sérieux. Les plus grands auteurs russes (Tolstoï, Tchékhov, Pouchkine) ont écrit pour le jeune public. Même la comtesse de Ségur (née Rostopchine) prolonge en quelque sorte cette tradition !

Écrivain, conteur, scénariste…
Avant de devenir écrivain, Schwartz avait déjà une vie bien remplie. Né à Kazan, il a eu le temps avant la révolution d’Octobre d’entamer les études de droit, abandonnées sans regrets en 1916 au moment de sa mobilisation. Pendant la guerre civile qui suivit la révolution, il a rejoint l’armée blanche ce qui déjà marque son désaccord avec les futurs vainqueurs. Après la défaite des armées blanches, Schwartz, contrairement à de nombreux jeunes Russes, décide de rester dans le pays, mais il change complétement de vie, en devenant journaliste et écrivain et même en jouant dans une troupe théâtrale. Dans les années 20 et 30 il a écrit beaucoup, toujours pour des jeunes, devenant l’auteur d’une quinzaine de pièces, mises en scène dans les théâtres de marionnettes. À partir du début des années 30 il utilisa la forme du conte dans les pièces pour des adultes. Nous connaissons trois œuvres de ce type : l’Ombre, le Roi nu et le Dragon. Toutes les trois étaient interdites en Union Soviétique, la dernière en 1944. Schwartz alors arrêta d’écrire car cette activité devenait trop dangereuse dans le pays des Soviets ! Il survivra grâce à l’écriture de scénarios, dont certains deviendront des films célèbres comme le Don Quichotte de Grigori Kozintsev.

Evguéni Schwartz n’a pas eu le temps de voir le succès de ses contes pour adultes sur scène. Il est mort en 1958, juste au début du « dégel », intervenu après la mort de Staline.

Mais ses jeunes admirateurs de la Compagnie des Sombres Héros nous proposeront très prochainement de voir à Paris le conte l’Ombre.

lombre-evgueni-schwartzCe qu’en dit la Compagnie des Sombres Héros :
Pour finir j’avais envie de leur laisser la parole[3] pour qu’ils puissent partager leur enthousiasme avec les futurs spectateurs de cette pièce.

« Nous vous proposons de participer à notre conte théâtral. Ce projet est à l’origine de la compagnie que nous avons décidé de monter ensemble ».

… Il était une fois un Savant qui voulait rendre l’humanité heureuse. Par hasard, il se retrouva au Pays des Contes de Fées, et tomba fou amoureux de la Princesse héritière du trône. Mais au milieu des intrigues politiques, de la voracité des Ogres et de la perfidie des Ombres, la destinée du Savant se révèlera semée d’embûches.

Dans ce texte, écrit sous la censure de l’époque stalinienne, Evguéni Schwartz montre que toutes les catastrophes collectives (guerres – nous sommes en 1940 -, dictatures, désastres écologiques, etc.) naissent de nos petites lâchetés individuelles. « Chacun de nous porte en soi le ciel et l’enfer« (Oscar Wilde) : nous avons tous un côté altruiste, généreux, empathique. C’est celui que nous nous efforçons de mettre en avant dans nos relations sociales, à l’extérieur. Mais nous avons aussi une face noire, égoïste, cruelle. Nous avons beau essayer de la cacher au fond de nous, elle existe, elle est là. Bien sûr, les proportions varient, mais c’est bien ce que montre Schwartz à travers l’histoire du Savant et de son Ombre. On peut la transposer facilement aujourd’hui : nous voulons tous le bonheur du monde, le sauvetage de la planète, la fin des guerres. Mais nous renâclons à faire des sacrifices dans notre vie quotidienne pour ça. Les deux petites voix se disputent continuellement en nous.

Nous avons pris la pièce de Schwartz et y avons mêlé nos univers respectifs, cinématographiques, littéraires et chansonniers. Il y a du clown, des marionnettes, des ombres chinoises, une Sirène baryton, une Chatte bottée jalouse, un Magicien raté, une Princesse dépressive, un Ogre « esclave de la mode », et tant d’autres qui vous feront rire ou frissonner ». AS♦

Ada Shlaen est professeur agrégée de russe, et a enseigné aux lycées La Bruyère et Sainte-Geneviève de Versailles.

Ada Shlaen[1] Voir Le billet d’Eva : « Louis XV Le Bien Aimé »
[2] THÉÂTRE DE MÉNILMONTANT, (réservations : 01 46 36 98 60)
15, rue du Retrait 75020 PARIS, www.menilmontant.info
[3] https://www.facebook.com/LOmbredeSchwartz et  https://fr.ulule.com/lombre-conte/